Pourquoi ce dialogue. Pourquoi Tosolola.
Le Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, a annoncé le Dialogue national pour la paix, la cohésion et la refondation de l'État dans un discours à la nation. Tosolola Concertation en est le canal citoyen — voici, partie par partie, ce que ce discours annonce, diagnostique et exige, et ce que chaque partie change concrètement pour cette plateforme.
Ce que le discours annonce, et ce que ça change pour Tosolola
Un pays qui a trop souvent dû se reconstruire
Depuis l'indépendance, la RDC a connu sécessions, affrontements politiques, ingérences extérieures et une longue concentration du pouvoir. Depuis plus de trente ans, l'Est du pays — Goma, Bukavu, Rutshuru, Masisi, Nyiragongo, Lubero, Beni, Djugu, Irumu, Uvira et tant d'autres territoires — porte la part la plus cruelle de cette histoire : des millions de Congolais tués, déplacés ou contraints à l'exil, des ressources qui auraient dû financer écoles et hôpitaux ayant alimenté la guerre.
Pourquoi les dialogues précédents n'ont pas tenu leurs promesses
Le pays a déjà connu la Conférence nationale souveraine, le dialogue intercongolais de Sun City et de nombreuses tables rondes — mais les crises ont toujours ressurgi. Le Président identifie lui-même trois fragilités : les crises réglées par le partage du pouvoir plutôt que par des institutions solides ; des processus concentrés entre acteurs politiques, loin du peuple ; des engagements jamais assortis d'une réelle obligation de résultat.
Une agression reconnue, une ligne que le dialogue ne franchira pas
Le discours rappelle que la RDC est victime d'une agression, constatée par les résolutions 2773 et 2808 du Conseil de sécurité des Nations unies, et exige le retrait des forces étrangères ainsi que le démantèlement des administrations parallèles. Les processus diplomatiques de Washington et de Doha se poursuivent en parallèle, mais le Président insiste : ils ne peuvent, seuls, réconcilier durablement les Congolais entre eux.
La décision : convoquer le Dialogue national
Après avoir consulté les institutions de la République, les forces politiques et sociales, les confessions religieuses et les autorités coutumières, le Président annonce sa décision : une initiative souveraine, conçue par et pour les Congolais. Elle n'est ni une négociation avec l'agresseur, ni une remise en cause des élections de 2023, ni une suspension des institutions de la République.
La méthode : la parole part des provinces, pas de Kinshasa
Avant les assises nationales, chaque province organise un forum préliminaire réunissant population, autorités locales, élus, société civile, autorités coutumières, confessions religieuses et diaspora, pour établir son propre diagnostic sur les six thèmes retenus. L'ensemble des contributions est consolidé dans une synthèse nationale qui devient le socle des assises de Kinshasa.
Qui participe, et la seule limite posée
Le dialogue n'exclut personne pour ses opinions, sa critique, son appartenance politique, son origine provinciale, sa langue, son ethnie ou sa religion. Seule limite : ne pourront pas y participer comme composante politique ceux qui, à l'ouverture du processus, combattent par les armes l'ordre constitutionnel, occupent une partie du territoire ou agissent au service d'une puissance étrangère. Une voie de réintégration individuelle reste ouverte via le PDDRCS, mais sans impunité pour les crimes les plus graves.
Le Pacte national et l'obligation de résultat
Un comité d'organisation puis une commission préparatoire encadreront le processus, limité à trois mois maximum. Les assises devront aboutir à un Pacte national assorti d'une matrice précisant, pour chaque engagement, l'institution responsable, le calendrier et les résultats attendus, avec des rapports périodiques rendus publics.
L'appel à la nation, et en particulier à la jeunesse
Le Président interroge la nation sur le choix historique qu'elle doit faire — subir les crises ou les prévenir, une administration inégale ou une puissance publique présente jusqu'au dernier village. Il s'adresse directement à la jeunesse, appelée à prendre toute sa place dans le processus, et s'engage personnellement à garantir l'indépendance et la sécurité du dialogue.
Ta province a un diagnostic à faire remonter.
Anonyme, sans inscription, sur le canal de ton choix. C'est la partie du discours qui te revient.